Choisir un livre jeunesse à conseiller ne consiste pas à suivre mécaniquement l’âge imprimé sur la couverture. Nadia Berrada, libraire jeunesse à Rennes depuis une vingtaine d’années, commence par écouter l’enfant, ses habitudes de lecture, ses refus, son humeur et la situation dans laquelle le livre sera lu. Son conseil repose ensuite sur une connaissance précise des textes, des images, des catalogues et de la chaîne du livre.

Léa Fontaine l’a rencontrée un matin, avant l’ouverture de la librairie indépendante de centre-ville où elle travaille. Entre deux piles de services de presse, la libraire évoque aussi les rencontres scolaires qu’elle anime et le jury d’un prix littéraire local auquel elle participe. Cette pratique quotidienne prolonge notre chronique sur les librairies indépendantes, consacrée à ce travail de médiation souvent invisible.

Pourquoi l'enfant passe-t-il avant l'âge indiqué sur le livre ?

Léa Fontaine : Les parents commencent souvent par annoncer un âge : « Il a 8 ans », « Elle entre en sixième ». Pourquoi cette information ne suffit-elle pas pour construire un conseil de lecture ?

NADIA BERRADA : L'âge donne un repère, mais certainement pas un portrait de lecteur. Deux enfants de 8 ans peuvent avoir des rapports au livre complètement différents : l'un lit seul des romans longs, l'autre aime qu'on lui lise des albums, un troisième déchiffre bien mais se fatigue après dix pages. Si je m'en tiens au chiffre de la couverture, je risque de proposer un texte techniquement accessible mais émotionnellement mal ajusté.

Je demande donc ce que l'enfant a aimé récemment, ce qu'il abandonne, s'il préfère rire, enquêter, avoir peur ou observer des images. Je cherche aussi à savoir quand et avec qui il lira. Un album réputé « pour petits » peut offrir à un enfant de 9 ans une expérience esthétique très forte ; inversement, un roman court n'est pas nécessairement simple si sa narration multiplie les ellipses ou les changements de point de vue.

Le meilleur signe reste la réaction de l'enfant devant le livre. Il touche le papier, revient sur une illustration, lit la première page ou repose immédiatement l'ouvrage. Notre métier consiste à observer ces gestes sans les transformer en examen.

Comment se construit concrètement un conseil de lecture ?

Léa Fontaine : Que faites-vous lorsqu'une famille arrive sans titre précis et vous demande simplement « un bon livre » ? Existe-t-il une méthode derrière l'intuition de la libraire ?

NADIA BERRADA : Je commence par reformuler la demande, car « un bon livre » peut désigner un cadeau durable, une lecture facile pour les vacances, un album à partager le soir ou un roman qui réconcilierait un enfant avec la lecture. Trois ou quatre questions suffisent souvent : pour qui, dans quel contexte, quelle expérience récente, quel niveau d'autonomie ?

Je présente ensuite peu de titres, généralement deux ou trois. Une sélection trop large reporte toute la difficulté sur le client. Pour chaque ouvrage, j'explique un élément concret : la voix du narrateur, la place de l'image, la longueur des chapitres, le type d'humour ou le degré de tension. Dire seulement qu'un livre est « très beau » n'aide personne.

Enfin, je laisse le temps de feuilleter. Le conseil n'est pas une démonstration d'autorité. Il doit permettre à l'enfant ou à l'adulte de choisir avec davantage d'informations, y compris de ne retenir aucun des titres proposés.

Pour préparer un achat sans transformer le choix en contrôle scolaire, notre guide pour offrir un livre à un enfant détaille les bons indices à recueillir : goûts déjà exprimés, autonomie réelle, contexte du cadeau et possibilité d’échange.

La rentrée littéraire jeunesse impose-t-elle de tout lire ?

Léa Fontaine : Les nouveautés arrivent par vagues, notamment à l'automne. Comment une libraire jeunesse peut-elle suivre cette production sans prétendre lire intégralement chaque titre ?

NADIA BERRADA : Elle ne peut pas tout lire, et prétendre le contraire serait peu crédible. Le travail commence plusieurs mois avant la mise en rayon, avec les catalogues, les rendez-vous des représentants, les argumentaires, les épreuves et les services de presse. Je repère les auteurs, les illustrateurs, les traducteurs, les collections et les formats qui correspondent aux lecteurs que nous recevons.

Nous partageons ensuite les lectures entre collègues. L'une lira davantage de romans adolescents, une autre les premiers romans, une autre encore les albums ou les documentaires. Nous confrontons nos notes : qualité littéraire, lisibilité, singularité graphique, solidité de la fin, mais aussi facilité à présenter le livre en quelques phrases honnêtes.

La rentrée littéraire jeunesse exige surtout de hiérarchiser. Certains ouvrages ont déjà une forte visibilité médiatique. La librairie doit aussi ménager une place à un premier roman, à un album traduit, à une petite maison ou à un titre qui ne dispose pas d'une campagne importante. Lire un catalogue, c'est chercher ce que sa mise en scène commerciale laisse parfois au second plan.

Quels éditeurs jeunesse regardez-vous en priorité ?

Léa Fontaine : Certains catalogues constituent-ils pour vous des repères plus fiables que d'autres ? Comment éviter qu'une fidélité éditoriale ne se transforme en automatisme ?

NADIA BERRADA : Je suis attentivement L'École des loisirs, Gallimard Jeunesse, Thierry Magnier, Sarbacane, Rue de Sèvres et les éditions de la Gouttière, mais pas pour les mêmes raisons. L'École des loisirs possède un fonds considérable en albums et en romans. Thierry Magnier défend souvent des écritures qui ne simplifient pas artificiellement l'enfance. Sarbacane travaille des propositions graphiques et romanesques très identifiables. Rue de Sèvres et La Gouttière comptent dans notre veille en bande dessinée jeunesse.

Un nom d'éditeur crée une attente, jamais une garantie automatique. Chaque texte doit être lu dans sa collection, son format et son projet. Je regarde également les maisons moins présentes dans les grands offices, car un rayon vivant ne peut pas être la reproduction exacte des meilleures ventes nationales.

Je surveille enfin le fonds autant que les nouveautés. Claude Ponti, Tomi Ungerer, Marie-Aude Murail, Susie Morgenstern ou Jean-Claude Mourlevat ne cessent pas d'être pertinents lorsqu'une nouvelle saison éditoriale commence. Une librairie transmet des œuvres dans la durée ; elle ne se contente pas d'organiser leur rotation.

Les catalogues cités ne remplissent pas tous la même fonction dans le conseil. Voici les repères que nous retenons de l’entretien, sans en faire un palmarès.

Maison d’édition Repère de lecture évoqué
L’École des loisirs Fonds d’albums, premiers romans et littérature jeunesse
Gallimard Jeunesse Romans, collections patrimoniales, traductions et documentaires
Thierry Magnier Écritures contemporaines et albums exigeants
Sarbacane Création graphique, albums et romans pour adolescents
Rue de Sèvres Bande dessinée et adaptations littéraires
La Gouttière Bande dessinée jeunesse, notamment pour les lecteurs débutants

Les prix jeunesse aident-ils vraiment à repérer les livres ?

Léa Fontaine : Les bandeaux de prix attirent l'attention des familles, mais ils peuvent aussi réduire un livre à une récompense. Comment utilisez-vous les Pépites de Montreuil ou le prix Sorcières dans votre veille ?

NADIA BERRADA : Un prix est un outil de repérage, pas un certificat universel. Les Pépites, remises dans le cadre du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, permettent de regarder une sélection resserrée et de discuter des choix d'un jury. Le prix Sorcières est particulièrement intéressant parce qu'il est porté conjointement par l'Association des librairies spécialisées jeunesse et l'Association des bibliothécaires de France. Il résulte donc d'une lecture professionnelle menée dans deux réseaux de médiation.

Si je siège moi-même au jury d'un prix local, je constate surtout la valeur des discussions. Nous devons argumenter, relire, comparer des livres très différents et distinguer notre goût personnel de ce que l'œuvre accomplit. Le désaccord est souvent plus instructif que le palmarès.

En magasin, je précise pourquoi le livre a été distingué et à quel lecteur je pense. Un titre primé peut ne pas convenir à l'enfant présent devant moi. À l'inverse, un livre absent des sélections peut répondre exactement à sa demande.

La libraire tendant un album à un enfant accompagné de sa mère au comptoir de la librairie
Le conseil se joue souvent en quelques minutes, au comptoir, entre deux questions précises.

La sélection professionnelle varie aussi selon les langues disponibles et les publics du territoire. À ce sujet, un entretien avec une bibliothécaire sur la sélection de livres russes en médiathèque éclaire le travail de veille, d’évaluation et de contextualisation mené dans un autre lieu de lecture.

Que répondre aux parents qui veulent faire « rattraper » leur enfant ?

Léa Fontaine : Certains adultes arrivent inquiets, avec l'idée que leur enfant aurait pris du retard en lecture. Comment accueillez-vous cette demande sans nier une difficulté réelle ni enfermer le jeune lecteur dans un jugement ?

NADIA BERRADA : Je commence par retirer le vocabulaire de la faute. Un enfant qui ne lit pas les mêmes livres que ses camarades n'a pas nécessairement quelque chose à « rattraper ». Il peut rencontrer une difficulté de déchiffrage, manquer d'endurance, ne pas avoir trouvé de sujet qui l'intéresse ou associer le livre à des évaluations répétées.

Je propose alors des expériences où la réussite est rapide : une bande dessinée dont la narration visuelle porte réellement le récit, un roman à chapitres courts, un livre documentaire que l'on peut ouvrir dans le désordre, un album sans âge assigné. Lire une série entière, relire le même ouvrage ou écouter un adulte lire à voix haute constitue aussi une pratique de lecteur.

Si un parent évoque un trouble ou une difficulté scolaire persistante, je reste à ma place. La libraire ne pose pas de diagnostic. Elle peut signaler des caractéristiques matérielles du livre, mais elle ne promet pas qu'une police de caractères ou une mise en page résoudra une difficulté qui relève d'un accompagnement professionnel.

Pour les lecteurs qui aiment encore la lecture partagée, notre sélection d’albums 3-6 ans peut également servir au-delà de l’âge annoncé : la densité d’une image, le rythme d’une phrase et les sous-entendus d’un récit ne s’épuisent pas à l’entrée en primaire.

Faut-il opposer les livres aux écrans ?

Léa Fontaine : Les écrans apparaissent souvent dans les conversations sur la baisse de la lecture. Quelle position adoptez-vous face aux familles qui souhaitent remplacer radicalement le téléphone ou la console par des livres ?

NADIA BERRADA : Je refuse l'angélisme comme la panique. Les écrans occupent une place considérable : l'étude « Les jeunes Français et la lecture », publiée en 2024 par le Centre national du livre avec Ipsos, relevait chez les 7-19 ans 19 minutes quotidiennes de lecture de loisirs, contre 3 h 11 passées devant les écrans. Ces moyennes donnent un contexte, pas le mode d'emploi d'une famille particulière.

Opposer frontalement le livre à l'écran peut rendre la lecture punitive. Dire « tu n'auras ton téléphone qu'après vingt pages » transforme le roman en péage. Il vaut mieux créer des moments disponibles, laisser des livres visibles, lire soi-même et proposer une lecture à voix haute sans la réserver aux petits.

Les pratiques circulent aussi d'un support à l'autre. Un enfant peut découvrir un personnage par une adaptation, chercher ensuite la bande dessinée ou le roman, puis revenir discuter du film. Notre rôle n'est pas de déclarer un support moralement supérieur, mais de défendre le temps long, l'attention et la liberté d'interprétation que permet la lecture.

Quels métiers se trouvent derrière le livre conseillé ?

Léa Fontaine : Le public voit l'auteur, parfois l'illustrateur, puis la libraire au moment de l'achat. Avec quels autres professionnels travaillez-vous pour qu'un ouvrage arrive jusqu'au rayon jeunesse ?

NADIA BERRADA : La chaîne commence bien avant nous. Il y a l'éditeur ou l'éditrice, la direction artistique, la correction, la fabrication, les graphistes, puis l'impression. Pour les œuvres étrangères, le traducteur ou la traductrice joue un rôle littéraire majeur, encore trop rarement cité dans les conversations ordinaires.

Nous échangeons ensuite avec les représentants des maisons ou des diffuseurs, qui présentent les programmes éditoriaux. Les distributeurs assurent les flux physiques, les commandes et les retours. Nous travaillons également avec des bibliothécaires, des documentalistes, des enseignants, des organisateurs de salons, des auteurs, des illustrateurs et des médiateurs.

Connaître ces métiers améliore le conseil. Une réimpression annoncée, une rupture chez le distributeur, un changement de traduction ou l'arrêt d'une collection peuvent expliquer pourquoi un titre n'est pas disponible. La libraire doit transmettre cette information clairement, sans faire porter au client les complications de la chaîne.

Que faites-vous lorsque le bon titre n'est pas disponible ?

Léa Fontaine : Le conseil idéal se heurte parfois à une rupture, à un livre épuisé ou à un catalogue que la librairie ne possède pas. Comment préserver la confiance lorsque vous n'avez pas immédiatement le titre juste ?

NADIA BERRADA : Je le dis. Inventer un avis sur un livre non lu ou orienter artificiellement vers le stock disponible abîme la relation. Je vérifie si le titre peut être commandé, dans quel délai réaliste, et s'il s'agit d'une indisponibilité temporaire ou d'un ouvrage épuisé.

Je peux ensuite chercher une alternative en identifiant ce qui motivait la demande. Était-ce le thème, le niveau de lecture, le style d'illustration, le format, l'auteur ou le besoin de se reconnaître dans un personnage ? Deux livres qui parlent de la mer ne produisent pas nécessairement la même expérience. Le remplacement doit porter sur la qualité recherchée, pas seulement sur un mot-clé.

Il arrive aussi que je recommande une autre librairie ou une bibliothèque. Perdre une vente immédiate vaut mieux que perdre la confiance du lecteur. Le conseil est réussi lorsqu'il conduit au livre approprié, même si ce livre n'est pas acheté chez nous ce jour-là.

Le coin jeunesse d'une librairie indépendante, rayonnages bas et enfant lisant sur un tapis
Un rayon jeunesse vivant se lit comme une sélection pensée, non comme un simple stock.

Ce geste professionnel explique pourquoi un rayon jeunesse gagne à être lu comme une sélection plutôt que comme un simple stock. Il complète notre guide pour offrir un livre à un enfant par une règle concrète : une recommandation honnête peut être une commande, une orientation vers la bibliothèque ou l’aveu qu’aucun titre présent ne convient.

Que changent les rencontres scolaires au Salon de Montreuil ?

Léa Fontaine : Vous accompagnez des rencontres scolaires, notamment autour du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, organisé chaque année à la fin du mois de novembre. Qu'observez-vous lorsque les élèves rencontrent directement les créateurs ?

NADIA BERRADA : La rencontre fonctionne lorsqu'elle a été préparée par une vraie lecture. Les élèves n'ont pas besoin d'avoir produit vingt questions identiques ; ils doivent avoir eu le temps de regarder l'œuvre, de relever une phrase, une couleur, un silence ou une incompréhension. L'auteur ou l'illustrateur peut alors répondre à une curiosité précise plutôt qu'à un questionnaire cérémoniel.

À Montreuil, les enfants voient aussi que la littérature jeunesse est un secteur de création collective. Ils découvrent des stands, des formats, des éditeurs qu'ils ne connaissent pas et des professionnels en train de travailler. Cette matérialité compte : le livre cesse d'être un objet scolaire apparu spontanément sur une table.

Je veille toutefois à ne pas présenter la rencontre comme la récompense ultime. Une œuvre doit tenir sans la présence de son créateur. L'échange ajoute des chemins de lecture, mais il ne remplace ni le texte ni l'interprétation personnelle.

Les familles et les enseignants qui préparent ce déplacement trouveront dans notre carnet de visite du Salon de Montreuil des repères sur le rythme de la journée, les rencontres et la manière de ne pas réduire la visite à une course aux dédicaces.

Que lit une libraire jeunesse lorsqu'elle ne travaille plus ?

Léa Fontaine : Après les offices, les services de presse et les lectures destinées au conseil, reste-t-il une place pour une lecture strictement personnelle ? Quels livres reviennent sur votre table de nuit ?

NADIA BERRADA : Je lis de la littérature générale, de la poésie et des essais, précisément pour ne pas enfermer mon regard dans une seule production. Cela nourrit aussi mon travail : le rythme d'un poème affine l'attention à la langue d'un album, tandis qu'un essai peut déplacer ma lecture d'un documentaire jeunesse.

Je relis également des livres pour enfants sans objectif professionnel immédiat. L'Arbre sans fin de Claude Ponti, publié par L'École des loisirs, change avec le lecteur qui y revient. Les romans de Marie-Aude Murail me rappellent combien l'humour peut porter des situations graves. Chez Jean-Claude Mourlevat, notamment dans Jefferson chez Gallimard Jeunesse, la lisibilité n'exclut ni l'ambition narrative ni les questions politiques.

Je garde enfin le droit d'abandonner. Les libraires parlent beaucoup des livres terminés, rarement de ceux qu'ils referment. Or l'abandon fait partie d'une vie de lectrice. Il évite que la lecture personnelle devienne le prolongement infini d'une obligation professionnelle.

Questions rapides : les idées reçues

  • « Un gros lecteur doit passer rapidement aux classiques. » Faux. La quantité lue ne détermine ni les goûts ni la maturité littéraire. Un lecteur assidu peut préférer l’album, la bande dessinée, la poésie ou les séries.
  • « Un album est réservé aux enfants qui ne savent pas lire. » Faux. La relation entre texte, image, cadrage et séquence peut demander une lecture très élaborée.
  • « Une couverture attirante cache souvent un texte faible. » Faux. La couverture relève d’un travail éditorial et graphique. Elle doit être évaluée avec l’ensemble de l’objet.
  • « Une série empêche de découvrir autre chose. » Faux. Elle peut consolider l’endurance, installer une familiarité et conduire progressivement vers d’autres formes.
  • « Un prix littéraire garantit que le livre plaira. » Faux. Il signale un choix argumenté par un jury, non une compatibilité avec chaque lecteur.
  • « La lecture à voix haute doit s’arrêter lorsque l’enfant sait lire. » Faux. Elle permet d’accéder à une langue plus complexe et maintient un espace de partage sans évaluation.

Conclusion : ce qu’il faut retenir

  • Le conseil de lecture part de l’enfant réel, pas du seul âge inscrit par l’éditeur.
  • Une libraire hiérarchise les nouveautés grâce aux catalogues, aux lectures partagées, aux représentants et à sa connaissance du fonds.
  • Les prix jeunesse servent de repères, mais ne remplacent ni la lecture ni l’analyse du public visé.
  • Une recommandation honnête peut conduire à commander, à différer l’achat ou à orienter vers une bibliothèque.
  • Le plaisir de lire se construit mieux par la disponibilité, la conversation et la lecture partagée que par la mise en concurrence punitive avec les écrans.

Sources et repères. Les données sur les usages de lecture et d’écrans proviennent de l’étude « Les jeunes Français et la lecture », publiée en 2024 par le Centre national du livre avec Ipsos. Les informations institutionnelles sur les Pépites relèvent du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis ; celles sur le prix Sorcières, de l’Association des librairies spécialisées jeunesse et de l’Association des bibliothécaires de France. Les catalogues mentionnés sont ceux de L’École des loisirs, Gallimard Jeunesse, Thierry Magnier, Sarbacane, Rue de Sèvres et des éditions de la Gouttière. Les pratiques de conseil, d’office, de rencontres scolaires et de jury décrites par Nadia Berrada relèvent de son observation professionnelle de terrain.